Il est une mode qui peut en surprendre certains dans un monde où la course aux nouvelles technologies ne cesse de faire rage, c’est celle du retrogaming. Oubliez les innovations techniques de la PS5 et des Xbos Series X/S, oubliez les mondes vertigineux et les graphismes sidérants de Red Dead Redemption II ou The Witcher, mais bienvenue dans le monde de l’animation en 2D et des décors pixélisés. Le retrogaming, c’est la nostalgie des jeux des années 80 et 90, c’est le bonheur de retrouver des univers qui auront marqué notre enfance, et cela concerne donc bien plus un public de trentenaires et de quarantenaires que d’adolescents.

Et Atari, pour les puristes du jeu vidéo, c’est un peu la quintessence de cet esprit retrogaming, quand ni Nintendo, ni Sony, ni Microsoft n’avaient encore la mainmise sur le marché. Atari, c’est aussi la compagnie qui a sorti la première console de salon à succès, l’Atari 2600, qui aura marqué toute une génération de joueurs, notamment aux États-Unis. Mais Atari, c’est aussi une société qui a sombré après son succès et qui a bien failli disparaître avant d’être rachetée par l’entreprise française Infogrames en 2001.

Depuis, Atari s’est un peu détourné du monde du jeu vidéo pour se tourner vers celui d’abord de la cryptomonnaie, avec la création de sa propre devise, l’Atari Token, puis vers celui des jeux d’argent, avec la création d’un casino en ligne. Pour ce faire, Atari s’est inspiré de jeux déjà existants comme les classiques poker, blackjack ou roulette. Ces derniers sont donc présents dans le casino d’Atari, mais la grande différence est qu’il faut des Atari Tokens pour y jouer plutôt que de l’argent réel. Atari a même entrepris la construction d’un casino, bien réel cette fois-ci, dans la ville de Las Vegas et qui sera décoré aux couleurs de la firme et qui nous replongera dans ses plus grands succès (Pong, Asteroids, Space Invaders, …).

Mais Atari n’a pas non plus entièrement renié son passé et a gardé un pied dans les jeux vidéo. Surfant sur la vague du retrogaming, Atari a sorti en 2004 une console intitulée Atari Flashback. Il s’agissait de la première console vendue par Atari depuis l’échec retentissant de l’Atari Jaguar en 1993. Mais avec la Flashback, le but n’était pas là de se livrer à une course aux performances avec les mastodontes PlayStation 2, Xbox et GameCube, mais bien d’offrir à leurs fans une expérience du passé. Basée sur le design de l’Atari 7800, l’autre console à succès de la firme, la Flashback permettait de jouer à 20 jeux mythiques sortis pour la plupart dans les années 1980. Mais la console sera critiquée pour utiliser un système Nes on a chip, étant donc plus une émulation de la NES que d’une console Atari au final.

Ce problème sera corrigé en 2005 avec la sortie de l’Atari Flashback 2, désormais copie miniature de l’Atari 2600, la plus populaire de toutes, et surtout avec un système intégré similaire à celui de la version originale. Proposant 40 jeux au total, plus deux cachés, la Flashback 2 va rencontrer un très beau succès auprès de la communauté très active des fans et nostalgiques d’Atari. Avec 860 000 exemplaires écoulés, elle est une des consoles les plus vendues de l’année 2006, pourtant année de sortie de la Playstation 3 et de l’Xbox 360. Le succès critique sera aussi au rendez-vous, et la plupart des sites spécialisés loueront la qualité de cette console bien qu’il faudra toujours préciser que celle-ci ne s’adresse qu’aux personnes intéressées par le retrogaming et non à tous les gamers.

A partir de là, Atari va continuer le développement de sa Flashback en sortant de nombreuses nouvelles versions, et d’abord une Flashback Portable et une Flashback 2+ comptant plusieurs jeux inédits. En 2011 sortira l’Atari Flashback 3, au design similaire à la Flashback 2 mais avec un processeur ARM, à la place du système original de la 2600, qui fonctionne comme un émulateur et qui empêche la nouvelle console d’être hackée. Cette nouvelle version de la Flashback sera une nouvelle fois bien reçue par la critique et les fans.

Suivront 5 nouvelles éditions qui, à chaque fois, reprendront le design et le système de la version précédente mais proposeront un catalogue de jeux intégrés plus fourni, entre anciens jeux mais aussi nouveautés ou suites créées par la fanbase toujours active d’Atari. Il y aura ainsi la Flashback 4 en 2012, la Flashback 5 en 2014, la Flashback 6 en 2015, la Flashback 7 en 2016, la Flashback 8 en 2017, la Flashback 8 Gold en 2017, la Flaskback 9 en 2018 et la Flashback X en 2019, petite dernière de la série des Atari Flashback. Cette ultime édition compte désormais pas moins de 110 jeux jouables directement dans sa version normale et 120 dans sa version Deluxe, à comparer avec les 20 jeux de l’Atari Flashback originelle.

Il est à noter qu’Atari a aussi tenté de revenir récemment dans la course des consoles de cinquième génération avec la sortie de l’Atari VCS, console moderne donc, qui vient tout juste d’être disponible. Mais celle-ci a pour l’instant du mal à convaincre, comme si Atari n’avait d’autre futur que de rééditer son passé, et le succès de ses diverses Atari Flashback semble aller dans ce sens.

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