Plus de 10 ans d’attente après la fin de la série Kaamelott, la série française d’Alexandre Astier se retrouve enfin en salle depuis le 21 juillet, avec Kaamelott – premier volet. Mais vaut-il vraiment tout cet engouement ?

L’ HISTOIRE

Le tyrannique Lancelot-du-Lac et ses mercenaires saxons font régner la terreur sur le royaume de Logres. Les Dieux, insultés par cette cruelle dictature, provoquent le retour d’Arthur Pendragon et l’avènement de la résistance. Arthur parviendra-t-il à fédérer les clans rebelles, renverser son rival, reprendre Kaamelott et restaurer la paix sur l’île de Bretagne ?

 

QUAND LA NOSTALGIE N’EFFACE PAS LES INCOHERENCES

Dur d’écrire un article sur un film qui fait tant de polémique, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire. Étant une fan de la série, j’ai été voir Kaamelott – premier volet un jour avant la sortie officielle, et j’en suis ressortie… très mitigée.

Le premier sentiment, c’est avant tout la nostalgie ! Un certain plaisir à retrouver les galères de nos chevaliers de la table ronde, marchands et autres ducs… Malheureusement, il y a un vrai souci avec la construction du film.

On a vraiment l’impression que le film est agencé comme une série d’épisodes, et non comme une histoire continue. Le plus saisissant là-dessus est l’utilisation des guests qui apparaissent pour donner deux répliques puis disparaissent totalement du film. Cela fait vraiment penser aux premiers livres de Kaamelott dans lesquels certains épisodes avaient droit à un joli cameo. Pourtant, si l’on reprend les deux derniers livres, où les épisodes font 45 à 50 minutes, la construction ne se fait pas du tout de la même manière. On suit une trame logique et continue, et non hachée comme l’est Kaamelott – premier volet.

En plus de paraître saccadé, le film ne donne pas la possibilité d’exploiter au maximum les personnages. Prenons le personnage de Quarto, interprété par Clovis Cornillac, qui apparaît dès le début du film et laisse entendre un personnage vraiment intéressant ! Au bout de 5 minutes, on s’en débarrasse aussitôt. De même pour le Duc d’Aquitaine, interprété par Alain Chabat, qui disparaît comme par magie pendant la nuit, après avoir donné 2-3 phrases d’encouragement à Arthur.

ET LES PERSONNAGES PARLONS-EN…

Commençons par deux personnages incontournables : Perceval et Karadoc ! Moi qui ai toujours été fan du duo, je n’ai pas du tout accroché à leur retour. Difficile à dire si ce sont les blagues qui sont mauvaises ou les comédiens trop vieux pour balancer ce genre de répliques, mais ça ne fonctionne plus. D’autant plus que les blagues sont à répétition sur tout le film.

Continuons sur Lancelot, le « grand méchant du film ». Peut-on d’ailleurs vraiment l’appeler comme ça, étant donné le peu de temps qu’il apparaît à l’image, contrairement à ses conseillers. À aucun moment du film l’on a une explication quant à sa tenue qui le fait ressembler à une mante religieuse géante! Si l’on reprend le caractère du personnage, même après avoir perdu la raison, Lancelot reste un chevalier, et un bon guerrier ! Son costume, en plus du côté esthétique incompréhensible, n’est absolument pas adéquat pour le combat ! La façon assez raide dont se déplace le personnage montre que la tenue n’est pas très malléable, et surtout empêche une bonne vision à son porteur. D’ailleurs en parlant de combat, le final qui l’oppose à Arthur est cruellement plat. Il se résume à quelques échanges de coups d’épée, acier contre acier, pour finir très mollement sur la défaite du méchant.

Le personnage d’Arthur reste fidèle à lui-même. Le fils Pendragon suit un fil conducteur assez tangible depuis le tout premier livre. Malgré tout, quelques redondances par rapport au livre V, notamment avec la classique réplique « Ne m’appelez pas Sire ». Et bien que le spectateur ait bien compris le côté dépressif du personnage, le cadrage appuie quelques plans sur les cicatrices aux poignets du héros, en prenant gentiment le spectateur par la main.

Les personnages qui s’en sortent le mieux sont Merlin, qui gagne en grade et efficacité, Guenièvre, qui malgré son côté très naïf, est touchante. Et le personnage le plus intéressant est Horsa, le chef saxon, interprété par Sting qui joue à merveille.

MALGRE TOUT, DE BONS POINTS SONT A NOTER

Malgré quelques blagues un peu répétitives (Karadoc, Perceval et le roi Loth principalement), le texte reste très bien écrit. On sent bien que les répliques ont été écrites spécifiquement pour chaque personnage. Et les comédiens les interprètent avec justesse.

La musique écrite et composée par Alexandre Astier est vraiment belle et très travaillée. Elle accompagne à merveille le film d’aventure dans le style heroic fantasy. Elle souligne l’état d’esprit des personnages, et accompagne parfaitement l’action en cours.

On attend évidemment le deuxième volet pour comprendre en quoi les répétitions de flash back de l’entraînement d’Arthurus en Égypte influent sur le cours de l’histoire. Bien que les images et lumières soient très chiadées, cette période n’apporte aucune réponse quant à l’intrigue principale, si ce n’est pour venir grossir le background du personnage d‘Arthur.

EN BREF…

Même après une attente plus qu’espérée du film, Kaamelott – premier volet n’a pas réussi à conquérir la fan de la série que je suis. Malgré des répliques bien écrites, une image léchée et une très belle musique, le film multiplie les fausses notes. Un film entrecoupé d’apparitions de guests, des blagues qui n’arrivent pas à trouver leur place dans la noirceur du film, et surtout une fin assez décevante et une bataille finale molle.

 

 

Les Plus Les Moins
Plaisir nostalgique Blagues à répétitions qui ne fonctionnent plus
Très belle musique Film construit comme une série épisodique
Nouveaux personnages intéressants… … mais qui disparaissent au bout de 5 minutes
Fin décevante et combat final mou

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.