Il y a des jeux qui t’accueillent.
D’autres qui te testent.
Et puis il y a Nioh 3, qui commence par te regarder de haut, les bras croisés, en attendant de voir si tu mérites seulement d’y jouer.
Les premières heures sont rudes. Pas “exigeantes”. Rudes. Le genre de difficulté qui ne cherche pas à t’apprendre quoi que ce soit, mais à vérifier si tu vas abandonner. Le premier boss est un mur, mal présenté, mal rythmé, presque provocateur. Un passage obligé qui ressemble plus à une sélection naturelle qu’à un moment de jeu.
Et pendant un moment, on se dit que Team Ninja s’est perdue dans sa propre légende. Qu’ils ont confondu exigence et brutalité. Qu’ils ont oublié que derrière la manette, il y a quelqu’un qui joue pour prendre du plaisir, pas pour passer un examen de fin d’année.
Puis, contre toute attente, quelque chose se débloque.
Quand le jeu accepte enfin de respirer
Une fois ce premier cap passé, Nioh 3 change de visage.
Pas radicalement. Pas miraculeusement. Mais suffisamment pour que le jeu commence à faire ce qu’il aurait dû faire dès le départ : donner de l’espace.
Le monde s’ouvre un peu. Le rythme se pose. Les combats deviennent lisibles.
On commence à comprendre ce que le jeu attend réellement de nous. Non pas la perfection, mais la patience. Non pas la vitesse, mais la lecture. Et soudain, sans prévenir, le plaisir apparaît. Discrètement. Presque timidement.
Le système de combat, toujours aussi exigeant, révèle enfin sa profondeur. Les affrontements cessent d’être des punitions pour devenir des duels. Le joueur ne subit plus, il anticipe. Il apprend. Il progresse.
Et là, on comprend : Nioh 3 n’est pas mauvais. Il est juste mal présenté.
Un jeu qui se mérite… mais qui abuse de ce principe
Le problème, c’est que tout le monde n’aura pas la patience d’attendre ce moment. Et c’est parfaitement compréhensible.
Parce que Nioh 3 continue d’empiler : une interface chargée, une narration anecdotique, une difficulté parfois inutilement sévère, une volonté constante d’en faire “plus”.
Le jeu adore sa propre complexité. Un peu trop. Il aurait gagné à faire confiance à son gameplay plutôt qu’à chercher en permanence à prouver qu’il est dur.
Ce n’est pas un jeu qui t’accompagne.
C’est un jeu qui t’observe.
Et qui ne t’aide que lorsque tu as prouvé que tu le méritais.
Ce qui sauve Nioh 3, au final
Ce qui sauve le jeu, c’est qu’une fois passé l’agacement initial, il tient ses promesses. Le système de combat est profond. La progression devient satisfaisante. Le monde, sans être renversant, gagne en cohérence.
Et surtout, le jeu finit par instaurer une relation étrange avec le joueur : une sorte de respect mutuel né de l’effort. Ce n’est pas de l’amour. C’est un accord tacite.
Finalement, c’est un jeu mal aimable, mais pas sans valeur
Nioh 3 est un jeu qui commence par te repousser, puis finit par t’accepter.
Il n’est pas accueillant. Il n’est pas généreux. Il n’est pas toujours juste.
Mais il est honnête dans sa vision. Et une fois qu’on accepte ses règles, il offre une expérience solide, exigeante, parfois même gratifiante.
Le problème, c’est que tout le monde n’aura pas envie de passer l’épreuve d’entrée.
| Les Plus | Les Moins |
| Système de combat profond et précis | Début de jeu inutilement brutal et mal dosé |
| Sensations très solides une fois les mécaniques assimilées |
Difficulté souvent punitive plutôt que pédagogique |
|
Zones plus ouvertes après le début, rythme plus respirable. |
Narration fade, peu engageante |
| Contenu dense pour les joueurs investis | Fatigue mentale sur la durée |
