Avec Marathon, Bungie signe son grand retour en dehors de Destiny. Ce shooter d’extraction en vue FPS, très attendu, devait marquer une nouvelle étape pour le studio sous la bannière de Sony Interactive Entertainment.
Après plusieurs heures de jeu, le constat est plus nuancé que prévu : Marathon repose sur d’excellentes bases, mais peine encore à proposer une expérience réellement cohérente et agréable sur la durée.
Un gameplay solide… mais frustrant
Impossible de nier le savoir-faire de Bungie sur un point : le gunplay.
Les sensations de tir sont précises, nerveuses et efficaces. Chaque arme procure un bon feedback, et les affrontements peuvent être intenses… du moins sur le papier.
Le jeu propose également :
- 6 personnages jouables avec compétences uniques
- un système de builds (armes, implants, équipements)
- un format extraction shooter mêlant PvE et PvP
Mais voilà le problème : tout cela met du temps à devenir intéressant.
Les premières heures sont assez pauvres, et même après progression, certains choix de design viennent casser le rythme :
- Time To Kill très court donc combats expéditifs
- déséquilibrage de certaines armes
- peu de véritables duels tactiques
Résultat : le gameplay est bon, mais rarement satisfaisant sur la durée.
Des parties inégales et parfois vides
Sur le terrain, Marathon alterne entre moments tendus… et longues phases d’ennui.
Les cartes, bien que visuellement marquées, souffrent de plusieurs problèmes :
- peu d’événements dynamiques
- manque de densité de joueurs
- rencontres PvP irrégulières
Il n’est pas rare de passer plusieurs minutes sans interaction, ce qui casse totalement la tension pourtant essentielle au genre.
Face à des références comme Escape from Tarkov ou Apex Legends (pour l’intensité des combats), Marathon donne parfois l’impression d’être… à côté de son sujet.
Une direction artistique clivante… et parfois indigeste
C’est probablement le point le plus controversé.
Marathon propose une direction artistique cyber futuriste très colorée, presque agressive visuellement. Sur le papier, c’est audacieux. Dans les trailers, c’est même séduisant.
Mais une fois en jeu, l’expérience est toute autre : accumulation de couleurs fluo, manque de lisibilité visuelle, environnements peu cohérents ..
Et surtout, pour certains joueurs, dont moi, une vraie fatigue visuelle, voire un inconfort physique
Entre les contrastes violents, les effets visuels et le manque de clarté, le jeu peut rapidement devenir désagréable à regarder sur de longues sessions.
Et là, on touche un problème simple : un FPS où tu n’as pas envie de regarder ton écran, c’est compliqué.
Une interface inutilement complexe
Autre point noir : l’ergonomie.
Le jeu accumule les systèmes sans vraiment les rendre accessibles :menus peu intuitifs, objets difficiles à identifier, système de loot confus, multiples monnaies liées aux factions
On passe trop de temps à essayer de comprendre le jeu… au lieu d’y jouer.
Un jeu sans cible claire
C’est probablement le vrai problème de Marathon.
Le jeu semble hésiter entre une expérience accessible et un shooter plus exigeant
Il ne peut satisfaire pleinement aucun des deux publics : trop complexe pour les joueurs occasionnels et pas assez profond pour les joueurs hardcore.
Et au final, même les joueurs qui devraient être la cible naturelle peuvent rester à distance.
Verdict : un jeu prometteur, mais encore bancal
Marathon n’est pas un échec total. Il possède même une base solide, portée par un gameplay efficace.
Mais tout ce qui l’entoure : direction artistique, ergonomie, équilibre, rythme empêche le jeu de réellement décoller.
| Les Plus | Les Moins |
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gunplay maîtrisé |
direction artistique fatigante visuellement |
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bonnes bases de gameplay |
manque de lisibilité |
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univers original sur le papier |
interface confuse |
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parties inégales |
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manque d’identité claire |
