Project Motor Racing : une simulation exigeante qui met les nerfs à l’épreuve… avant de récompenser la persévérance.
Soyons clairs dès le départ : le lancement de Project Motor Racing a été, pour rester poli, compliqué. Bugs visibles, problèmes techniques et sensations parfois étranges ont accompagné les premiers jours du jeu, au point de donner envie à certains de lever le pied avant même le premier virage. Heureusement, l’éditeur n’a pas laissé la situation s’enliser. Les correctifs sont arrivés rapidement, ciblant les soucis les plus gênants, et aujourd’hui le jeu offre une expérience bien plus stable et cohérente. Pas parfaite, mais suffisamment solide pour enfin révéler ce qu’il a réellement dans le moteur.
Manette en main sur Xbox, en tant que joueur casu, on comprend très vite que Project Motor Racing ne cherche pas à séduire immédiatement. Là où des jeux comme Forza Motorsport ou F1 25 prennent le joueur par la main, ici, on est lâché sur la piste avec un simple message implicite : débrouille-toi. Les premiers tours sont souvent catastrophiques. On sort large, on perd l’arrière sans prévenir, on freine trop tard, et les premières courses ressemblent davantage à une séance de survie qu’à une démonstration de talent. Le jeu est clairement plus exigeant, plus sec, et parfois frustrant.
Mais c’est précisément là que Project Motor Racing commence à devenir intéressant. Le jeu demande de s’accrocher, d’accepter l’échec et de comprendre pourquoi ça ne passe pas. Il n’y a pas de progression artificielle ni de succès faciles. Peu à peu, on apprend à doser l’accélérateur, à anticiper les freinages, à respecter les trajectoires. Et le jour où un tour propre sort enfin, sans sortie de piste ni correction désespérée, le plaisir est réel. Un plaisir rare, presque viscéral, parce qu’il est entièrement mérité.
Cette exigence est renforcée par une décision radicale : l’absence totale de rembobinage. Ici, pas de bouton magique pour effacer une erreur. Un freinage raté reste un freinage raté. Un contact évitable peut ruiner toute une course. Pour un joueur casu, c’est rude, parfois même décourageant, mais ça change complètement la façon de piloter. On devient plus concentré, plus patient, plus respectueux de la piste. Chaque virage compte, chaque décision a un poids. Project Motor Racing ne pardonne pas, mais il éduque.
Visuellement, le jeu s’en sort plutôt bien. Les voitures sont détaillées, les circuits crédibles, et la lecture de la piste est claire une fois lancé en course. L’ambiance fonctionne, surtout quand on commence à enchaîner les tours avec plus de confiance. En revanche, les menus viennent casser un peu cette bonne impression. Ils manquent de lisibilité, sont de temps en temps chargés, et pas toujours très intuitifs. Pour un joueur habitué à la simulation, ça passe. Pour un débutant, c’est clairement un frein, notamment lorsqu’il faut plonger dans les réglages.
Car les réglages sont au cœur de l’expérience. Dans Project Motor Racing, ils ne sont pas optionnels. Pression des pneus, suspensions, freins, différentiel : tout a un impact réel sur le comportement de la voiture. Pour un joueur qui débute en simracing, cette profondeur peut dérouter. On ne sait pas toujours comment modifier ni dans quel sens, et le jeu n’explique pas toujours clairement les conséquences. Mais là encore, la cohérence sauve l’ensemble. Chaque ajustement a une logique, et en prenant le temps d’expérimenter, on finit par comprendre comment adapter la voiture à son style de conduite. C’est exigeant, mais extrêmement gratifiant quand une simple modification transforme complètement une session.
À la manette sur Xbox, le jeu reste jouable, mais demande de la finesse. La direction est précise, parfois nerveuse, l’accélération doit être maîtrisée, et le freinage anticipé. Project Motor Racing n’aide pas artificiellement le joueur, mais il ne le trahit jamais. Quand on sort de la piste, on sait pourquoi. Quand on réussit un enchaînement propre, on sent que c’est le fruit de l’apprentissage, pas d’une assistance cachée.
Au final, Project Motor Racing n’est clairement pas un jeu pour tout le monde. Les premières heures sont difficiles, l’absence de rembobinage est impitoyable, et la complexité des réglages peut décourager. Mais pour ceux qui acceptent de s’accrocher, le jeu offre quelque chose de rare aujourd’hui : une simulation honnête, exigeante, qui récompense réellement la persévérance. Pour un joueur casu à la manette, c’est un défi. Mais un défi qui, une fois relevé, procure un plaisir que peu de jeux de course savent encore offrir. Ici, chaque réussite se gagne. Et franchement, ça fait du bien.
Test effectué sur Xbox Series X sur une version dématérialisée fournie par le distributeur
Project Motor Racing est disponible sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S.




![[eSport] L’Esports World Cup Foundation annonce la première Esports Nations Cup 2026 Esports Nations Cup](https://www.geekgeneration.fr/wp-content/uploads/2026/01/Esports-Nations-Cup-2026-218x150.jpg)



