À l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, JOYclub, la première communauté sexpositive d’Europe comptant plus de 6 millions de membres et qui rassemble célibataires et couples ouverts d’esprit, met en avant une pratique sexuelle devenue symbole de l’empowerment féminin : le « queening », aussi appelé « facesitting ». Une position où la femme s’assoit sur le visage de son partenaire et contrôle entièrement les mouvements, la pression et le rythme de son plaisir. Dans une époque où les femmes revendiquent leur droit à une sexualité épanouie, cette pratique incarne parfaitement la ré-appropriation du corps et de la jouissance.

UNE PRATIQUE QUI RENVERSE LITTÉRALEMENT LES CODES

Le « queening », littéralement « faire la reine », place la femme au-dessus, dans tous les sens du terme. Elle dirige, elle décide, elle prend ce qu’elle veut. Le partenaire, allongé sur le dos, se met entièrement au service de son plaisir. C’est elle qui contrôle la pression, l’angle, le rythme. C’est elle qui décide quand accélérer, quand ralentir, quand s’arrêter.

Cette position renverse les dynamiques traditionnelles où l’homme est souvent perçu comme « actif » et la femme comme « passive ». Ici, les rôles s’inversent : la femme devient celle qui donne les instructions – parfois sans même avoir besoin de parler, simplement par le mouvement de son corps.

Le « queening » fonctionne pour les couples hétérosexuels comme pour les couples lesbiens. Il peut se pratiquer face au partenaire (pour maintenir le contact visuel et la connexion émotionnelle) ou dos à lui (pour des sensations différentes et un abandon plus total).

LES CINQ VARIANTES DU FACESITTING

Il existe plusieurs façons de pratiquer le facesitting, selon le niveau d’intensité et de contrôle souhaité :

  • 1. Le facesitting tendre : Dans cette version douce, le partenaire peut respirer librement et garder les mains libres pour caresser ou stimuler d’autres zones érogènes.
  • 2. Le facesitting intense : Ici, la liberté de mouvement et parfois l’apport d’air sont davantage limités, ce qui peut créer une sensation d’abandon et d’impuissance pour la personne allongée.
  • 3. Le facesitting inversé : Vous vous asseyez dos à votre partenaire. Cette position permet une stimulation différente, notamment au niveau anal si vous le souhaitez.
  • 4. Le facesitting habillé : Certaines personnes apprécient le contact du tissu, par exemple en jean, en collants, en nylon ou en latex. La texture devient alors un élément supplémentaire du jeu.
  • 5. Le facesitting avec bondage : En combinant facesitting et attachements, la personne allongée est immobilisée tandis que vous contrôlez entièrement la stimulation et le rythme.

POURQUOI CETTE PRATIQUE SÉDUIT DE PLUS EN PLUS DE FEMMES

Plusieurs raisons expliquent l’attrait croissant pour le « queening » :

  • 1. Le contrôle total du plaisir : Contrairement à d’autres pratiques où la femme « reçoit » passivement, le « queening » lui permet de diriger activement sa stimulation. Elle ajuste la pression exacte dont elle a besoin, trouve l’angle parfait, impose son rythme. Cette maîtrise facilite l’orgasme et permet d’explorer des sensations souvent inaccessibles autrement.
  • 2. Une forme de lâcher-prise paradoxal : En prenant le contrôle, la femme peut paradoxalement mieux se laisser aller. Elle n’a plus à se demander si son partenaire « fait bien » ou à donner des indications. Elle prend ce dont elle a besoin, ce qui libère mentalement et permet un abandon plus profond.
  • 3. Un acte de confiance mutuelle : Le « queening » demande une grande confiance entre les partenaires. Le partenaire qui reçoit accepte de se mettre en position de vulnérabilité, de « servir » le plaisir de l’autre. Cette dynamique, lorsqu’elle est consentie et désirée, peut renforcer l’intimité du couple.
  • 4. La fin de la gêne liée au cunnilingus : Certaines femmes se sentent gênées lors d’un cunnilingus classique, préoccupées par leur corps, leur odeur, le regard de leur partenaire. Le « queening », par sa position dominante, peut aider à dépasser ces inhibitions : la femme assume pleinement son corps et son désir.

TÉMOIGNAGE : LUCIOLE, 35-40 ANS, EN COUPLE

« C’est mon partenaire qui m’en a parlé, à l’époque on ne savait pas qu’il y avait un nom officiel à cette pratique ! Au début, j’avais peur de lui faire mal, peur d’être trop « relâchée » dans cette position et de ne pas avoir assez de contrôle sur mon corps, peur que la vue le dégoûte.

Lorsque pour la première fois j’ai osé venir m’asseoir sur sa tête, j’étais assez tendue mais très vite, le voir si excité m’a permis de me détendre et de profiter du moment et… Quel pied ! J’ai découvert de nouvelles sensations, je contrôlais mon plaisir.

Ce qui me plaît le plus ? J’ai l’impression de reprendre le contrôle sur mon désir. Ce sont des sensations bien différentes que lors d’un cunnilingus classique. Et c’est d’autant plus excitant que je sais que mon partenaire adore.

Je pense aimer mon corps un peu plus, et je me sens plus au contrôle de mon propre plaisir. Je suis plus active au lit, et hésite moins à parler de ce qui me fait du bien.

Mon conseil ? Parlez-en avec votre partenaire ! Il faut que les deux soient prêts à se lancer. Et si vous en avez envie tous les deux mais que vous avez un peu peur, allez-y progressivement ! La vie est courte, profitons ! Nous avons encore tant à apprendre sur le plaisir, surtout celui des femmes. Soyons ouverts et respectueux. ».

LE DROIT AU PLAISIR : UNE REVENDICATION FÉMINISTE À PART ENTIÈRE

En 2026, le droit au plaisir fait partie intégrante des revendications féministes. Les femmes réclament une sexualité épanouie où leur jouissance n’est plus optionnelle, secondaire ou dépendante du bon vouloir de leur partenaire.

L’« orgasm gap » reste une réalité scientifiquement documentée. Selon une étude publiée dans la revue Sexual Medicine en 2024 portant sur 24 752 participants américains, les hommes atteignent l’orgasme dans 70 à 85% des rapports sexuels, contre seulement 46 à 58% pour les femmes, soit un écart de 22 à 30 points. Une autre étude de référence (Frederick et al., 2017, 52 588 participants) révèle que 95% des hommes hétérosexuels atteignent l’orgasme lors de leurs rapports, contre 65% des femmes hétérosexuelles.

Fait notable : les femmes lesbiennes atteignent l’orgasme dans 86% des cas. Cet écart suggère que le problème n’est pas biologique mais lié à des pratiques sexuelles encore trop centrées sur la pénétration et le plaisir masculin. Des pratiques comme le « queening » participent à rééquilibrer cette dynamique en plaçant le plaisir féminin au centre de l’acte sexuel.

COMMENT ABORDER LE « QUEENING » DANS SON COUPLE

  • 1. La communication avant tout : Comme pour toute nouvelle expérience sexuelle, en parler ouvertement avec son partenaire est essentiel. Exprimer son envie, écouter les éventuelles appréhensions, définir ensemble les limites.
  • 2. Commencer en douceur : Pas besoin de se lancer dans une position acrobatique dès le premier essai. On peut commencer par s’asseoir légèrement au-dessus du visage du partenaire, en gardant une partie de son poids sur les genoux, puis ajuster progressivement.
  • 3. Trouver la bonne position : Certaines préfèrent être face à leur partenaire pour maintenir le contact visuel, d’autres préfèrent être dos à lui pour un abandon plus total. Il n’y a pas de « bonne » façon de faire, seulement celle qui procure du plaisir.
  • 4. Établir un signal : Pour rassurer les deux partenaires, convenir d’un geste (une tape sur la cuisse, par exemple) qui signifie « pause » ou « j’ai besoin d’air » peut aider à se sentir plus à l’aise.

LA JOURNÉE DU 8 MARS : CÉLÉBRER TOUTES LES FORMES D’ÉMANCIPATION

La Journée Internationale des Droits des Femmes, instaurée par les Nations Unies en 1977, est traditionnellement l’occasion de mettre en lumière les combats pour l’égalité. En France, ces droits ont été conquis de haute lutte :

Quelques dates clés :

  • 1944 : Les femmes obtiennent le droit de vote et d’éligibilité
  • 1965 : Les femmes peuvent exercer une profession et ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari
  • 1975 : Loi Veil légalisant l’IVG ; le divorce par consentement mutuel est autorisé
  • 1980 : Le viol est reconnu comme un crime
  • 1990 : La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux
  • 2024 : L’IVG est inscrite dans la Constitution française (8 mars 2024)

« JOYclub offre un espace sécurisé où chacune peut explorer et échanger sur ses préférences sexuelles sans préjugés. Ce qui nous frappe dans nos données, c’est la capacité des femmes à exprimer clairement ce qu’elles désirent. Le « queening », comme d’autres pratiques longtemps taboues, sort de l’ombre parce que les femmes osent en parler, l’assumer, le revendiquer. Notre rôle est de leur offrir cet espace de liberté » affirme Eva JOY, Community Manager de JOYclub.fr.

En 2026, cette journée célèbre aussi le droit des femmes à une sexualité libre, épanouie et centrée sur leur plaisir. Car l’émancipation passe aussi par le corps. Par le droit de dire « oui » à ce qui nous fait du bien. Par le droit de prendre sans attendre qu’on nous donne. Par le droit d’être au-dessus, littéralement.

Plus d’informations: https://www.joyclub.fr